
Ligue des Champions féminine : le naufrage du PSG

Paris Saint Germain 0-0 Leuven
L’élimination du Paris Saint-Germain Féminin avant même la dernière journée de la phase de poules de la Ligue des champions constitue un échec majeur. Aussi douloureuse que redoutée, cette sortie prématurée vient confirmer les inquiétudes qui entouraient le projet parisien depuis plusieurs mois. Avec un seul point pris en cinq rencontres, le PSG signe tout simplement la pire campagne européenne de son histoire.
Le contraste est saisissant. Demi-finaliste de la compétition en 2024, le club parisien a vécu cette saison un déclassement brutal sur la scène européenne. Un recul difficile à accepter pour une institution qui ambitionnait encore récemment de s’installer durablement parmi les références du football féminin continental.
Face à Leuven, au Parc des Princes, dans un contexte présenté comme décisif, on attendait une réaction d’orgueil. Un sursaut collectif, porté par le public, capable au moins de sauver l’honneur. Les intentions étaient là. L’engagement aussi, par séquences. Mais dans les faits, le PSG n’a jamais semblé réellement armé pour répondre aux exigences de la Ligue des champions.
Ce constat n’a pourtant rien de surprenant. Dès l’été dernier, de nombreux observateurs s’interrogeaient sur un mercato jugé trop limité pour ce niveau de compétition. Un effectif rajeuni, prometteur sur le plan du développement, mais insuffisant pour rivaliser avec des formations aguerries au très haut niveau européen.
Contre le club belge, Paris s’est créé des situations, parfois franches. Yaya, Anaïs Ebayilin, Sakina Karchaoui ou encore Griedge Mbock en toute fin de rencontre ont eu des opportunités. Mais comme tout au long de cette campagne, le manque d’efficacité offensive a plombé les temps forts parisiens. Leuven, de son côté, n’a jamais véritablement mis Paris en danger, si ce n’est sur quelques coups de pied arrêtés.
Cette incapacité à concrétiser résume à elle seule les limites du PSG version Ligue des Champions. Les attaquantes, en particulier, n’ont pas répondu aux attentes. Romée Leuchter, appelée à prendre la relève de Marie-Antoinette Katoto, n’a jamais pesé au niveau continental. Même constat pour Merveille Kanjinga, performante en championnat mais en difficulté dès que l’intensité s’élève. Joe Echegini, elle aussi, peine à s’exprimer.
Les cadres, eux non plus, n’ont pas tenu leur rang. Griedge Mbock, Élisa De Almeida et d’autres joueuses expérimentées ont traversé cette campagne européenne avec difficulté, incapables d’imposer un véritable leadership dans les moments clés. Une seule joueuse a réellement surnagé : Sakina Karchaoui. Capitaine exemplaire, elle a assumé ses responsabilités sur et en dehors du terrain. Symbole fort, la joueuse la plus régulière à ses côtés aura été… Anaïs Ebayilin, 17 ans.
Un signe révélateur de la politique actuelle du club, désormais davantage tournée vers la formation que vers la performance immédiate. Une orientation respectable, mais qui pose une question centrale : quel est aujourd’hui le projet réel du PSG Féminin ?
Le statut du PSG impose des exigences, notamment en Europe.
La lucidité de Sakina Karchaoui, en zone mixte, au micro d’instinct foot, résume parfaitement la situation :
« C’est dur à encaisser. On est dernières au classement. Il faut être réalistes et lucides, et continuer à travailler. Oui, on est une équipe en reconstruction, mais on ne peut pas toujours se cacher derrière ça. »
Dans ce contexte pesant, Paulo César continue de protéger son groupe. Le technicien, lui aussi novice à ce niveau, apprend, expérimente et progresse. Il a pour lui une qualité précieuse : l’humain. Son message sur son instagram publié après l’élimination, empreint de sincérité, en témoigne :
« On ne tourne pas la page pour l’oublier.
On la tourne pour écrire la suite.
Et la suite, elle nous appartient. »
Un message fort, porteur d’espoir, pour des supporters aujourd’hui meurtris.
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