Elsa Domenjoud, le fil conducteur du Grenoble Foot 38 féminin

Arrivée à Grenoble en 2019 à tout juste 18 ans, Elsa Domenjoud débarque dans un club alors évoluant en Division 3. Formée à l’AS Saint-Étienne et récemment sortie des U19, la jeune milieu de terrain cherchait à obtenir du temps de jeu pour continuer son développement. Très vite, elle découvre à Grenoble bien plus qu’un simple club : un cadre humain, fédérateur et stimulant. Sa carrière avait déjà été jalonnée par une sélection en équipe de France U16, avec huit matchs et un but à son actif, preuve de son potentiel dès les premières années.
Ce qui l’a poussée à rester saison après saison dépasse les résultats sportifs. Malgré les changements d’effectif et les années qui passent, l’esprit du groupe demeure presque immuable. « Il y a toujours eu quelque chose, un peu comme une famille », résume-t-elle. Une atmosphère qui explique sa fidélité et son engagement envers le club, même dans les périodes plus incertaines.
Un leadership discret mais essentiel
Devenue capitaine, Elsa Domenjoud n’a jamais cherché à imposer un rôle autoritaire. Son approche est collective : elle se voit comme une joueuse parmi les autres, attentive à l’équilibre du groupe et à l’harmonie sur le terrain. Son leadership se manifeste surtout dans les moments de tension, lorsqu’il faut apaiser, recadrer ou discuter avec ses coéquipières
Je suis plus une capitaine qui laisse de la liberté à tout le monde
L’accueil des nouvelles joueuses et les départs sont gérés avec la même philosophie. Elsa insiste sur la liberté individuelle : chaque joueuse est libre de choisir son chemin, et l’équipe continue de fonctionner comme un collectif soudé, malgré les changements d’effectif au fil des saisons.
Une montée historique en Seconde Ligue
Après plusieurs années à construire un groupe solide, le Grenoble Foot 38 féminin atteint une étape majeure : la montée en Seconde Ligue à l’issue de la saison 2024‑2025. Ce succès est le fruit d’un travail collectif et d’une transformation profonde du club : nouveau staff, nouvelles méthodes de préparation et gestion du groupe centrée sur l’humain. Malgré un effectif qui n’était pas le plus armé sur le papier, l’unité et la mentalité ont fait la différence. « Même si on n’était pas la meilleure équipe, les gens retenaient surtout notre cohésion », souligne la capitaine.
Pour Elsa, cette saison restera gravée dans sa mémoire : une réussite sportive mais aussi humaine. Elle parle d’une expérience « inoubliable », où le plaisir de jouer et l’énergie du groupe ont été les clés de la réussite.
Un défi de taille en Coupe de France
La reconnaissance du travail du club se manifeste également sur la scène nationale. Le tirage des huitièmes de finale de la Coupe de France offre une affiche de prestige face au RC Strasbourg, équipe de première division. Mieux encore, le match se jouera au Stade des Alpes, habituellement réservé à l’équipe masculine.
C’est une belle affiche et une vraie occasion de voir où on en est
Ce rendez-vous est un moment fort pour la visibilité du football féminin à Grenoble et une opportunité pour le club de montrer qu’il a sa place dans ce stade emblématique.
La précédente expérience d’Elsa au Stade des Alpes, lors d’un match amical, avait déjà attiré près de 1 000 spectateurs. Cette fois, la dimension est encore plus importante, avec la possibilité de fédérer les supporters et de donner une réelle exposition médiatique à l’équipe.
Concilier football, études et vie personnelle
Comme beaucoup de joueuses évoluant en Seconde Ligue ou en Arkema Premère Ligue, Elsa ne vit pas uniquement de sa pratique sportive. Elle combine football, études ou travail, et souligne l’importance du soutien du club dans ce quotidien exigeant : logements collectifs, organisation des entraînements, temps de récupération et suivi médical. Tout est pensé pour permettre aux joueuses de performer sur le terrain tout en maintenant un équilibre de vie.
Capitaine discrète mais figure centrale du projet grenoblois, Elsa Domenjoud incarne la fidélité, la constance et le leadership tranquille. Face à Strasbourg, le Grenoble Foot 38 n’a peut-être rien à perdre, mais beaucoup à montrer. Et pour cette joueuse fidèle à ses valeurs, le Stade des Alpes sera bien plus qu’un décor : le symbole d’un parcours construit pas à pas, ensemble.
Si au moins il y a un environnement bienveillant au sein du club, que ce dernier essaie de rendre la vie des joueuses un peu plus “confortable” (logement
en collocation…) c’est un bon point qui j’espère compense un peu la manque niveau salaire….
Oui avec leur moyen, ça donne l’impression qu’il faut le maximum