France – Pays-Bas : des Bleues inquiétantes sans inspiration

par | Avr 19, 2026 | Actualités Féminine, EQUIPE DE FRANCE FEMININE, FFF, Saison 2025-2026 | 0 commentaires

Le match nul concédé par l’équipe de France face aux Pays-Bas à Auxerre confirme une tendance préoccupante et sonne comme une défaite. Malgré une réaction attendue après la prestation ratée du match aller, les Bleues n’ont pas su corriger leurs carences majeures. Plus impliquées, certes, mais toujours incapables de proposer un jeu collectif cohérent et séduisant, elles ont de nouveau buté sur un bloc néerlandais pourtant lisible.

Une domination stérile et un jeu trop prévisible

On a vu du mieux dans l’impact, dans l’agressivité et dans le pressing. Les Françaises ont récupéré des ballons plus hauts et affiché davantage de volonté. Mais une fois installées dans le camp adverse, les limites sont réapparues.

La possession est restée stérile. Hormis la tête de Marie-Antoinette Katoto juste avant la pause, la gardienne néerlandaise a été peu sollicitée. La faute à une animation offensive trop pauvre et surtout trop prévisible.

Le jeu des Bleues s’est résumé à des débordements sur les côtés, sans véritable variation. Les centres se sont multipliés sans présence dans la surface. Kadidiatou Diani a manqué de justesse dans ses prises de décision, tandis que Delphine Cascarino s’est souvent enfermée dans des initiatives individuelles peu efficaces. Tout comme Sandy Baltimore à gauche. 

Dans l’axe, le lien entre le milieu et l’attaque reste insuffisant. Peu de jeu combiné, peu de décalages, peu de créativité : ce collectif peine toujours à construire des séquences de jeu travaillées, capables de désorganiser un bloc compact. Sakina Karchaoui, pourtant précieuse dans l’activité et les efforts, s’est montrée trop brouillonne dans ses choix. À ce poste et connaissant ses qualités, son influence doit être plus juste, plus structurante dans l’orientation du jeu. Grace Geyoro, solide dans le travail défensif, a en revanche trop peu pesé offensivement, malgré une frappe sur la barre en fin de rencontre.

Plus globalement, c’est toute l’animation offensive qui doit être repensée. Le jeu des Bleues manque de variété et de maîtrise, notamment dans la progression axiale, trop rarement exploitée pour déséquilibrer l’adversaire.

Une fragilité défensive devenue lassante 

Mais au-delà des difficultés offensives, c’est bien le secteur défensif qui inquiète le plus. Avec désormais treize matchs consécutifs en encaissant au moins un but, le constat dépasse le simple accident. 

La moindre incursion adverse semble dangereuse. Ce manque de solidité fragilise l’ensemble de l’équipe et impose une pression constante aux françaises. 

La situation de Griedge Mbock interroge, elle qui enchaîne des prestations en demi-teinte en club. Même constat pour Elisa De Almeida. 

Des alternatives existent pourtant. Des profils comme Thiniba Samoura ou Alice Sombath pourraient apporter davantage de fraîcheur et relancer la concurrence dans ce secteur de manière plus sérieuse.

Le cas de Melween N’dongala mérite également attention. Son profil, intéressant dans la percussion sur le côté droit, demande encore à être affiné, mais son potentiel est réel. L’inscrire davantage dans la rotation, en lui offrant du temps de jeu régulier, pourrait accélérer son intégration et le développement de ses automatismes au plus haut niveau.

Enfin, la question du poste de gardienne devient centrale. Le statut de Pauline Peyraud-Magnin, qui manque de temps de jeu en club, interroge et inquiète de plus en plus. 

Une équipe en perte de repères 

Au-delà du résultat, c’est surtout l’image renvoyée qui interpelle. Sur cette double confrontation, l’équipe de France n’a jamais donné le sentiment de maîtriser son sujet, elle a tout bonnement paru impuissante. 

Où est passée cette équipe capable de produire du jeu, d’enchaîner les séquences collectives et de mettre ses adversaires sous pression constante comme à l’Euro 2025 ? Le contraste avec les précédents rassemblements est saisissant.

À un an de la Coupe du monde, les Bleues entrent dans une zone de turbulence. La qualification reste accessible, mais la dynamique actuelle soulève de vraies inquiétudes.

Le temps des ajustements est désormais compté. Et face à ces lacunes répétées, c’est tout un collectif qui doit rapidement se remettre en question car les performances récentes peinent à répondre aux attentes. 

Laurent Bonadei va lui aussi devoir ajuster certaines dynamiques. À un an de l’échéance majeure, le projet laisse apparaître quelques zones d’ombre, sans remettre en cause le travail engagé, mais en posant la question de la progression globale du groupe.

Les notes de l’équipe

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