La Fédération maintient sa confiance en Laurent Bonadei : un choix cohérent et stratégique

Laurent Bonadei, le temps d’un premier bilan
Malgré deux éliminations frustrantes face à l’Allemagne – d’abord à l’Euro 2025, puis en demi-finales de Ligue des Nations – le poste de Laurent Bonadei à la tête de l’équipe de France n’a jamais été remis en question. La Fédération a confirmé sa volonté de poursuivre avec le sélectionneur, convaincue de la pertinence du projet engagé depuis sa nomination à l’été 2024.Une position claire, assumée, et surtout cohérente au regard du chantier en cours.
Avant le match retour à Caen, la question d’une éventuelle menace sur son avenir avait été posée au sélectionneur. Mais Philippe Diallo, président de la Fédération Française de Football, a tenu à clarifier la situation dans L’Équipe :
« On savait qu’on était dans une période de transition, avec de très grandes anciennes qui quittaient l’équipe [Wendie Renard, Eugénie Le Sommer, Kenza Dali, Amel Majri, Sandie Toletti] et des nouvelles qu’il fallait intégrer. Nous avons fait confiance à ses qualités, notamment de formateur, pour assurer cette transition»
Pour le patron du football français, l’élimination n’entame en rien la confiance envers le coach :
« Le groupe est en construction, en progression, et joue de mieux en mieux. »
Une identité offensive assumée
Depuis son entrée en fonction après les Jeux olympiques 2024, Laurent Bonadei a installé un projet offensif clair. Une équipe plus ambitieuse dans l’utilisation du ballon, plus mobile dans les trente derniers mètres, et surtout bien plus prolifique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les Bleues ont marqué au moins deux buts lors de leurs dix dernières rencontres, pour un total de 32 réalisations. Il s’agit de leur meilleure série offensive depuis plus d’une décennie. À l’Euro 2025, la France a inscrit 11 buts en trois matchs de poule. En Ligue des nations 2025, elles en ont inscrit 16, même face aux grosses sélections.
Face à l’Allemagne cette semaine encore, les occasions ont existé – sept tirs cadrés – mais le dernier geste a manqué. Une limite technique et un manque de réalisme qui ne peuvent être imputés au seul sélectionneur. Les joueuses portent leur part de responsabilité dans cette inefficacité.
Une transition assumée et des choix forts
L’autre fait majeur du mandat Bonadei se situe dans le renouvellement du groupe. Là où l’équipe de France a longtemps évolué dans une hiérarchie figée, dominée par des statuts immuables, la sélection vit désormais une transition réelle. Les cartes ont été rebattues.
Des cadres toujours présentes, comme Griedge Mbock, Sakina Karchaoui ou Grace Geyoro, ont pris une dimension supérieure en assumant de nouvelles responsabilités dans le leadership du vestiaire, en devenant capitaine ou vice-capitaine. Dans leur sillage, un noyau intermédiaire se renforce : Oriane Jean-François, Selma Bacha, Maëlle Lakrar ou encore Sandy Baltimore et Clara Mateo prennent davantage de place dans le projet.
De nouvelles leaders émergent donc, tandis que la compétition interne est plus saine, et mieux orientée vers la performance collective que vers le statut individuel. Une mutation essentielle pour une sélection qui, malgré son talent, avait fini par se figer dans le temps.
Les portes sont grandes ouvertes, et les jeunes en bénéficient.
Alice Sombath s’est imposée comme une patronne en devenir, notamment lors de l’Euro. Samoura et Ndongala ont accumulé du temps de jeu dans des rencontres à haute intensité. Certaines ont même pris leurs responsabilités lors de la séance de tirs au but à l’Euro, là où des cadres se sont effacées. Des choix courageux, tournés vers l’avenir, qui offrent à cette génération un vécu international déjà précieux.
Le message est limpide : dans cette équipe, personne n’est indispensable. Le collectif prime.
Des temps forts contre les grandes nations
Si la frustration domine aujourd’hui, elle tient justement aux espoirs que cette équipe a su susciter. L’Euro 2025 l’a montré : la France peut battre l’Angleterre, dominer les Pays-Bas et terminer en tête du groupe le plus relevé du tournoi. La Ligue des nations 2025 l’a confirmé avec un parcours sans faute jusqu’en demi-finales.
Les défaites récentes ne masquent donc pas le chemin parcouru. Elles rappellent simplement que la France n’est pas encore une équipe de référence dans la durée, et qu’elle doit gagner en constance comme en réalisme.
La stabilité comme ligne de conduite
Dans un environnement où l’urgence et la réaction dominent trop souvent, la Fédération a choisi la continuité et la stabilité. Permettre à un projet de mûrir, à un groupe de se construire, est peut-être le meilleur investissement à long terme, surtout lorsque les joueuses adhèrent pleinement à la vision de leur sélectionneur, ce qui semble être le cas aujourd’hui.
Une ambition encore à réaliser
Le talent existe, les idées sont là et le collectif commence à se forger. À force de travail, d’humilité et de continuité, l’équipe de France peut espérer franchir le dernier palier. C’est aussi cela que la FFF a validé en maintenant Laurent Bonadei : le choix d’un chemin cohérent plutôt qu’une énième rupture.
Laurent Bonadei est-il l’homme capable de faire franchir à cette équipe le palier qui lui manque depuis tant d’années et enfin atteindre le dernier carré du Mondial 2027 au Brésil ?
Nul ne peut le dire avec certitude. Mais les ingrédients sont là et il existe des motifs d’espoir. Les victoires face à des nations majeures comme l’Angleterre, championne d’Europe, ne sont pas anodines. La France a également réussi une remontée spectaculaire contre le Brésil avant l’Euro 2025, puis un renversement de situation face aux Pays-Bas lors du dernier match de groupe. Ces performances démontrent que l’EDF est capable de se montrer ambitieuse et compétitive face aux meilleures équipes, et que le travail de Bonadei peut produire des résultats concrets sur le long terme.
0 commentaires