Pays-Bas – France : une défaite qui sonne comme un avertissement

par | Avr 15, 2026 | Actualités Féminine, EQUIPE DE FRANCE FEMININE, FFF, Saison 2025-2026 | 1 commentaire

L’Équipe de France concède à Breda un premier revers dans sa campagne de qualification pour la Coupe du monde 2027 face aux Pays-Bas (2-1). Une défaite frustrante dans le contenu, tant les Néerlandaises n’ont pas surclassé les Bleues, mais ont su faire la différence dans les zones de vérité, là où la France a, une nouvelle fois, failli.

Une maîtrise stérile face à un bloc néerlandais bien organisé

Le début de rencontre laissait pourtant entrevoir un tout autre scénario. Les joueuses de Laurent Bonadei imposaient un pressing haut intéressant, récupérant rapidement le ballon et s’installant dans le camp adverse.

Mais très vite, les Pays-Bas ont déroulé leur plan de jeu : un bloc compact en 4-5-1, discipliné, coulissant efficacement et coupant les circuits de passes françaises. Face à cette organisation, les Bleues ont manqué de tout ce qui permet habituellement de déséquilibrer ce type de structure : rythme, mobilité, vitesse et justesse technique.

Trop statiques, souvent en retard dans les duels, notamment sur les deuxièmes ballons, les Françaises ont progressivement perdu le fil. L’ouverture du score néerlandaise illustre ces carences : sur coup de pied arrêté, le manque de vigilance et d’agressivité défensive profite aux Oranje, qui prennent l’avantage sans avoir réellement dominé. 

Plus inquiétant encore, la réaction tricolore tarde à venir. Menées, les Bleues ont continué à jouer sur un faux rythme, sans véritable volonté de désorganiser le bloc adverse. Peu de courses, peu de combinaisons, un jeu de passes trop lent : la première période a été marquée par une stérilité offensive criante, symbolisée par l’absence totale de tirs cadrés. Une déception énorme quand on s’aperçoit de la composition de départ très offensive de Laurent Bonadei.

Un sursaut insuffisant au retour des vestiaires

Au retour des vestiaires, le visage affiché est différent. Plus d’intensité, davantage de projections et de courses et une volonté plus flagrante de jouer vers l’avant : preuve que les Bleues peuvent et savent faire mieux.

L’égalisation signée Sandy Baltimore à la 53e minute vient récompenser ce temps fort, même si elle intervient sur une action opportuniste, consécutive à une erreur de la gardienne Daphne van Domselaar. 

Mais là encore, la France n’a pas su capitaliser. Malgré une possession largement en sa faveur, elle est restée trop peu dangereuse, incapable de réellement mettre sous pression la défense néerlandaise. Certes, le curseur est monté, mais l’est-il suffisamment ? Pas vraiment au regard des qualités de cette équipe. 

À l’inverse, les Pays-Bas ont fait preuve de réalisme. Sur une transition rapide, Esmee Brugts redonne l’avantage aux siennes, profitant d’une intervention manquée de Pauline Peyraud-Magnin. Une frappe pourtant à la portée de la gardienne française, dont le positionnement et la fermeté sur ses appuis interrogent. 

Des carences dans les deux surfaces

Au-delà du résultat, cette rencontre met en lumière des problématiques récurrentes. La France a dominé territorialement sans jamais peser réellement. Le jeu de possession est resté stérile, sans créativité ni accélération. 

Dans l’entrejeu, Oriane Jean-François et Sakina Karchaoui ont notamment peiné à impulser du rythme, manquant de prise d’initiative dans un rôle clé de régulation et de créativité. Pas non plus aidées, par le manque de mouvements et propositions des attaquantes. Plus globalement, le collectif a manqué de liant, avec trop peu de mouvements coordonnés pour déséquilibrer un bloc pourtant prévisible. 

Défensivement, les mêmes fragilités persistent. Sur leurs rares incursions, les Néerlandaises ont su exploiter chaque approximation. La série en cours — douze matchs consécutifs avec au moins un but encaissé — illustre une instabilité préoccupante pour une équipe qui ambitionne de jouer les premiers rôles.

Au-delà des erreurs répétées, c’est la solidité défensive globale de la charnière centrale qui interroge. Certaines performances récentes (comme celle de Maelle Lakrar ou Griedge Mbock) laissent apparaître un manque de solidité, que ce soit en sélection ou en club. La concurrence pourrait être davantage sollicitée, avec des profils comme Sombath ou Samoura qui présentent des qualités intéressantes et qui sont deux joueuses qui montent en puissance. À l’approche des prochaines échéances, une remise en question de la hiérarchie défensive semble inévitable si les prestations défensives restent inchangées.

Dans ce contexte de prestation défensive insuffisante, la question du poste de gardienne mérite d’être posée aussi. Le choix d’une titulaire qui n’évolue pas / plus comme numéro une en club peut interroger à ce niveau d’exigence internationale. Sans remettre en cause ses qualités et son niveau d’expérience, la concurrence à ce poste pourrait voire devrait être relancée. À l’approche des échéances majeures, le staff devra sans doute ouvrir la réflexion autour de ce poste clé. 

Anaële Le Moguedec, une des rares satisfactions

La prestation d’Anaële Le Moguedec constitue l’une des notes positives. Pour sa première titularisation, la jeune joueuse a affiché une activité intéressante, notamment dans la récupération haute et son pressing. 

Sa capacité à se projeter et à mettre de l’impact dans les duels a apporté une dynamique que le reste de l’équipe n’a pas toujours suivie. Sa marge de progression est évidemment énorme mais son profil se démarque, à revoir, tant son apport a contrasté avec l’apathie générale.

Une réaction attendue à Auxerre

Cette défaite n’est pas rédhibitoire dans la course à la qualification, mais elle rebat les cartes. Les Bleues devront impérativement réagir lors du prochain match pour éviter de se compliquer la tâche, sous peine de devoir passer par les barrages.

Surtout, elle rappelle une évidence : sans intensité, sans exigence dans les deux surfaces et sans volonté de faire plus dans la production de jeu, la maîtrise du ballon ne suffit pas.

Les notes de l’équipe

1 Commentaire

  1. Purple Sathi

    Rien n’est perdu, on se rattrapera samedi à Auxerre, à domicile.

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