Frédéric Biancalani, bâtisseur discret du football féminin à Fleury

Ancien joueur professionnel reconverti entraîneur, Frédéric Biancalani a construit sa trajectoire avec anticipation et méthode. Aujourd’hui à la tête de Fleury Féminines, il s’appuie sur une expérience de terrain qu’il a enrichie très tôt par un travail de formation, entamé alors qu’il était encore joueur.
Dès la trentaine, il commence ses diplômes d’entraîneur, désireux de comprendre « un petit peu l’envers du décor ». Là où le joueur se concentre sur l’entraînement et la performance immédiate, l’entraîneur doit intégrer des dimensions mentales, physiques et organisationnelles plus complexes. À la fin de sa carrière, il marque une pause d’environ un an pour observer, côtoyer d’autres profils et affiner ses méthodes avant de s’engager pleinement dans le métier.
Passer du vestiaire au banc implique aussi un changement de posture. Biancalani a connu cette double expérience et insiste sur la clarté des rôles et le respect des décisions du coach, condition essentielle à l’équilibre d’un groupe : « Quand les choses se sont bien faites, il faut essayer de regarder ce qui a été fait et prendre ce qui peut nous servir pour se familiariser avec ce milieu ». Ce pragmatisme lui permet d’aborder sereinement le football féminin, un univers qu’il découvre à Guingamp après avoir travaillé avec la formation masculine.
À Guingamp, Biancalani accepte de reprendre une section féminine en pleine réorganisation. Plus qu’un simple changement d’équipe, il s’agit d’un projet de structuration : stabiliser, développer et inscrire durablement la section dans le club. Pendant cinq saisons, il participe à créer des bases solides : « L’important, c’est de bien faire les choses pour que le club puisse avancer ».
Cette approche structurée se retrouve aujourd’hui à Fleury, où il insiste sur l’accompagnement des joueuses au-delà du terrain. Conscient que de nombreuses joueuses jonglent avec un emploi en parallèle.
Sur le plan tactique, Frédéric Biancalani combine observation directe, outils numériques et échanges avec d’autres entraîneurs pour compenser le manque de diffusion des matchs féminins. Cette démarche collective lui permet d’anticiper les adversaires et d’optimiser la préparation, malgré des contraintes logistiques et un championnat encore en développement.
Il reste lucide sur les limites structurelles de l’Arkema Première Ligue. Manque de public, d’investissements et de visibilité restent des freins majeurs. Pour Fréric Biancalani, renforcer l’économie du football féminin est essentiel pour attirer des joueuses de haut niveau et élever la compétitivité globale : « Quand on a du monde de très haut niveau international, ça attire les spectateurs et les futures générations ».
Dans un calendrier dense, entre championnat et Coupe de France, il veille à la gestion de l’effectif : prévention des blessures, récupération, rotation et responsabilisation des joueuses. La concurrence interne est pensée comme un levier de progression collective, et non comme une source de tension.
On a Nantes qui a fait des belles affiches. C’est très, très bien pour le foot féminin. Mais on voit aujourd’hui que quand il y a un match… en Angleterre, c’est 50 000. Ce sont des places qui sont vendues rapidement.
En Allemagne aussi. En France, on a beaucoup de mal pour pouvoir attirer du monde dans les stades. Nantes a mis beaucoup de places disposition pour remplir le stade, c’est super chouette, mais voilà aujourd’hui on n’est pas assez de clubs en France pour pouvoir le faire tout le temps.
Fleury est une équipe du haut du tableau. L’entraîneur fait un bon travail. Il fait partie de ceux qui comprennent vraiment le football féminin. Dommage que le stade de Bondoufle soit difficile d’accès.
Oui tout à fait la billeterie pourrait se developper