Sébastien Joseph : « Le football féminin doit arrêter d’être une annexe »

par | Mar 16, 2026 | Arkema PL, Dijon W, FC Nantes W, RC lens W, Saint-Etienne W | 1 commentaire

Coach reconnu de l’Arkema Première Ligue depuis plus de dix ans, Sébastien Joseph a construit une grande partie de sa carrière dans le football féminin français. Passé par Rodez, Soyaux, Dijon ou encore récemment Saint-Étienne, l’entraîneur s’est imposé comme l’un des techniciens les plus expérimentés du championnat.

Dans un entretien accordé à Instinct Foot, il revient sur son parcours, son passage réussi à Dijon, son expérience plus courte à Saint-Étienne, mais aussi sur les défis structurels qui freinent encore le développement du football féminin.

🎥 Retrouvez l’intégralité de l’interview de Sébastien Joseph sur la chaîne YouTube d’Instinct Foot.

Dans cette interview complète, le coach revient également sur :

– les coulisses du vestiaire à Saint-Étienne

– son regard sur l’arbitrage en football féminin

– le développement des infrastructures et de la diffusion

– les conseils qu’il donne aux jeunes joueuses qui veulent se lancer.

Des Plays off avec Dijon au Maintien avec Saint Etienne

Une vocation née très tôt dans la formation

Avant même de se lancer dans le football féminin, Sébastien Joseph avait déjà une passion : transmettre et former.

Très tôt, alors qu’il est encore joueur, il commence à entraîner des jeunes. Une expérience qui façonne sa vision du métier.

« J’ai commencé à entraîner des jeunes à 17 ans. J’ai toujours été attiré par la transmission et la réflexion autour du jeu. »

Pour lui, la différence entre formation et haut niveau est claire : plus on monte dans la pyramide, plus l’aspect management prend le pas sur la pédagogie pure.

Son arrivée dans le football féminin en 2015 se fait presque par hasard, à l’initiative de l’entraîneur Nicolas Bach, qui lui ouvre les portes de Rodez. Une opportunité qui va changer la trajectoire de sa carrière.

Le bilan est immédiat : demi-finale de Coupe de France et cinquième place, un record pour le club.


Dijon, un projet réussi construit sur plusieurs années

L’une des expériences les plus marquantes de sa carrière reste son passage au Dijon FCO Féminin.

Arrivé pour sauver le club en difficulté sportive, Joseph parvient d’abord à maintenir l’équipe avant de bâtir un projet ambitieux avec le directeur sportif Sylvain Carric.

« La saison qu’on réalise à Dijon est le fruit du travail construit sur plusieurs années. »

Sous sa direction, le club franchit progressivement des étapes :

– le maintien acquis à la dernière journée

– une progression vers le Top 8

– une qualification pour les playoffs du championnat

Une réussite qu’il attribue notamment à une collaboration étroite avec la direction sportive.

« Chaque année, on amenait des joueuses capables de mettre une titulaire sur le banc. C’est comme ça qu’on fait progresser une équipe. »


Saint-Étienne : un projet qui n’a pas pris

Après cette réussite, Joseph rejoint l’AS Saint‑Étienne Féminines avec l’objectif de construire un projet sur plusieurs saisons.

Mais l’aventure sera finalement écourtée.

Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cet échec, notamment un vestiaire difficile à structurer et un manque de cohérence dans l’organisation sportive.

« La chose la plus difficile dans le football féminin, c’est d’assainir l’investissement et de créer une vraie culture de la performance. »

Il pointe aussi l’absence d’une direction sportive forte pour structurer le projet.

« Ce qui manque le plus, c’est un directeur sportif capable de donner une direction claire. »


Le regard d’un coach sur le développement du football féminin

Au-delà de son parcours personnel, Sébastien Joseph livre aussi une analyse lucide sur les défis auxquels fait face le football féminin français.

Pour lui, le développement a connu un véritable boom entre 2017 et 2019, notamment grâce à la Coupe du monde organisée en France.

Mais depuis la période Covid, la dynamique semble ralentir.

« J’ai le sentiment que les choses n’avancent plus comme elles devraient, surtout quand on regarde ce qui se passe dans d’autres pays. »

Parmi les freins principaux, il cite notamment :

– le manque de récurrence des matchs à la télévision

– un championnat limité à 12 équipes

– une stratégie commerciale encore insuffisante dans les clubs


« Le football féminin doit être considéré comme un produit à part »

Pour Joseph, l’une des erreurs majeures du football français est de considérer la section féminine comme une simple extension du club masculin.

« Le football féminin n’est pas une annexe du football masculin. Ce sont deux produits différents. »

Selon lui, le public du football féminin est plus familial et plus mixte, ce qui implique une approche marketing et commerciale spécifique.

Un modèle qui fonctionne déjà très bien dans certains pays, notamment en Angleterre.


Un avenir toujours dans le football féminin

Après plus d’une décennie dans ce milieu, Sébastien Joseph reste profondément attaché au football féminin.

« C’est un football que j’aime beaucoup et dans lequel il reste encore énormément de choses à construire. »

S’il envisage de continuer sur un banc, il n’exclut pas non plus un rôle différent dans l’avenir.

« Pourquoi pas un poste de directeur sportif. Aujourd’hui, j’ai un réseau important dans les clubs et auprès des agents. »

Une chose est certaine : son expérience et sa vision du jeu continueront d’alimenter le développement du football féminin.

1 Commentaire

  1. Purple Sathi

    Un connaisseur du football féminin français, qui a fait du bon boulot avec Dijon la saison dernière.

Pin It on Pinterest

Share This